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L’Arctique comme pôle d’attraction mondial : bilan du Forum international de l’Arctique en Russie

Ces dernières années, l’Arctique est passé du statut de région polaire isolée à celui d’arène stratégique au cœur de l’attention internationale. Cette évolution est favorisée tant par les changements climatiques que par l’intensification des dynamiques logistiques, énergétiques et géopolitiques dans le Grand Nord. Le Forum international de l’Arctique, qui s’est tenu les 26 et 27 mars 2025 en Russie, a confirmé l’intérêt croissant pour l’Arctique en tant qu’espace de coopération stratégique.

Une géographie élargie : cap sur le Sud global

Le forum a réuni des délégations de plus de 15 pays, dont la Russie, la Chine, l’Inde, l’Égypte, le Brésil, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iran, le Kazakhstan, l’Algérie, ainsi que des observateurs venus de France, du Canada et de Norvège.

La participation remarquée de plusieurs pays non arctiques, tels que l’Égypte, l’Inde, le Brésil, l’Éthiopie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Algérie, témoigne de leur volonté de nouer une coopération constructive et durable avec la Fédération de Russie. Ces États ont exprimé leur intérêt pour plusieurs domaines clés :

– l’énergie (y compris les technologies de centrales nucléaires flottantes et les systèmes de production énergétique en milieux extrêmes) ;  

– le transport maritime et la logistique (notamment les perspectives d’utilisation de la Route maritime du Nord pour le commerce international) ;  

– l’environnement et le climat (transfert des savoir-faire arctiques vers les zones côtières d’Afrique et d’Asie) ;  

– la science et la formation (projets conjoints, bourses, échanges universitaires) ;  

– les technologies de dessalement et d’approvisionnement en eau adaptées aux climats arides.

Ce dialogue renforce l’idée que l’Arctique n’est plus une affaire réservée aux seules puissances polaires, mais un enjeu global réunissant des pays de zones climatiques et culturelles variées.

Thématiques principales : écologie, technologie et énergie

Les thématiques abordées durant le forum ont été multiples :

– le développement de la Route maritime du Nord comme corridor international stratégique ;  

– la protection de l’environnement arctique et la résilience des écosystèmes ;  

– les investissements dans l’exploitation minière et les énergies renouvelables ;  

– l’utilisation potentielle des centrales nucléaires flottantes dans les régions polaires et côtières ;  

– la préservation des droits et cultures des peuples autochtones du Nord.

La souveraineté technologique et une répartition équitable des ressources ont également été au cœur des débats, dans un contexte de transition énergétique mondiale.

 Coopération scientifique : la Russie comme acteur clé

Un axe fort du forum fut la volonté d’approfondir la coopération scientifique. La Russie a souligné son ouverture à des partenariats internationaux pour le suivi environnemental, le partage de données et les expéditions conjointes.

Parmi les interventions marquantes, celle de Denis Moïsseïev, directeur adjoint de la recherche à l’Institut de biologie marine de Mourmansk (Académie des sciences de Russie), a mis en lumière le rôle stratégique de la science arctique :

«L’Arctique, ce n’est pas seulement la glace et le pétrole. C’est un système biosphérique dynamique qui influence l’ensemble de la planète. Par exemple, la variation de la salinité des eaux arctiques a déjà des effets sur les courants atlantiques. Notre institut modélise ces impacts pour mieux en anticiper les conséquences globales. Il est essentiel que les décisions politiques s’appuient sur la science».

Il a également mentionné l’intérêt croissant de partenaires asiatiques et africains pour les travaux scientifiques russes, ainsi que la proposition de créer des pôles de recherche internationaux à Mourmansk et sur l’archipel François-Joseph.

 Conclusions et perspectives

Le forum s’est conclu par la signature de plusieurs mémorandums de coopération scientifique et logistique. Il a aussi été décidé de créer un Groupe de travail international sur le développement durable de l’Arctique, incluant des représentants du Sud global.

L’analyse du forum permet de dégager plusieurs constats :

1. L’Arctique devient un espace d’intérêts multidimensionnels – de l’écologie à la géopolitique.  

2. La Russie joue un rôle central en tant que puissance arctique, notamment dans les domaines scientifique et infrastructurel.  

3. Les pays du Sud global manifestent un intérêt croissant pour les technologies arctiques dans le cadre de la transition énergétique.  

4. L’avenir de l’Arctique dépendra de la capacité de la communauté internationale à construire des modèles de coopération équitables et fondés sur la recherche scientifique.

Ainsi, le Forum international de l’Arctique organisé en Russie ne fut pas seulement un événement régional, mais un signal fort en faveur d’une nouvelle gouvernance ouverte et inclusive de cette région-clé pour l’avenir de la planète.

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